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LA NUTRITION DU POINT DE VUE AYURVEDIQUE

Les anciens proposaient de suivre dix principes pour avoir une alimentation saine et pour savoir comment s’alimenter :

  1. La nourriture doit être chaude (habituellement cuite).
  2. La nourriture doit être goûteuse et facile à digérer.
  3. La nourriture doit être mangée dans des proportions correctes, ni trop ni trop peu.
  4. La nourriture doit être ingérée dans un estomac vide, quand le dernier repas a été digéré, et pas avant.
  5. Les aliments doivent travailler ensemble et non pas avoir une action contradictoire les uns avec les autres.
  6. Les aliments doivent être mangés dans un environnement plaisant avec l’équipement adapté pour les apprécier.
  7. Manger ne peut pas se faire dans la précipitation.
  8. Manger ne doit pas vous arracher à vos affaires non plus.
  9. Il est bon de se concentrer sur ce que vous mangez pendant le repas.
  10. Ne mangez que des aliments nourrissants pour votre constitution propre, et qui conviennent à votre tempérament mental et émotionnel.

(Charaka Samhita)

Ces principes peuvent sembler évidents, pourtant, si vous vous rappelez des derniers jours vous trouverez peut être quelques exemples où vous n’avez pas suivi l’un ou plusieurs de ces conseils. Parmi tous ces éléments essentiels pour conserver une bonne santé, la nourriture prise en quantité correcte est considéré comme le plus important. Dans l’Ayurvéda, l’aliment est la médication en même temps que la nourriture, et ce que chacun mange a une importance vitale.

Pourquoi la nourriture doit-elle être “chaude” ? “Chaud” peut avoir deux significations. Le but principal de la nutrition Ayurvédique est de faciliter la digestion. En Ayurvéda les aliments sont considérés comme chauffants (ou chauds) et stimulent habituellement la digestion, que leur température soit basse ou élevée. La cuisson des aliments facilite souvent leur digestibilité. Un exemple évident est la cuisson des légumes et des céréales. Un haricot cru ou un grain de riz sec ne sera pas très bien accueilli par un corps sain, et encore moins par un corps malade. La cuisson tend à humidifier et alléger de nombreux aliments.

Ces qualités sont appréciées en Ayurvéda parce qu’elles stimulent ou aident la digestion. La cuisson est un moyen appréciable d’empêcher la croissance des bactéries et la détérioration de la nourriture, ce qui étaient probablement un problème majeur en 700 av. J.-C. ou en 2000 av. J.-C. – et l’est aujourd’hui encore dans certaines régions du monde. Les aliments crus sont utilisés, spécialement pour les personnes de constitution Pitta ou Kapha. Et dans certains cas aujourd’hui, un médecin Ayurvédique pourra recommander un jeûne à base de fruit crus uniquement ou de jus de fruits, pour une constitution particulière, ou dans un cas particulier. Mais une grande partie des buts de l’Ayurvéda est la préparation correcte et appropriée de la nourriture. Habituellement cette préparation comporte la cuisson.

Dans cette perspective de guérison, le corps se compose de sept tissus vitaux ou dhatus. Ces dhatus collaborent pour assurer le fonctionnement harmonieux du corps. Il s’agit de rasa (plasma), rakta (sang), mamsa (muscles), meda (graisse), ashti (os), majja (moelle et nerfs), et shrukra et artava (tissus reproducteurs). Chaque dhatu nourrit le suivant. Ils sont énumérés ici du plus superficiel au plus profond. Un état de santé dans lequel le sang (rakta) est mal nourri  est moins grave et plus facile à équilibrer qu’un état où la moelle (majja) est concernée. Le cancer en est un exemple poignant en médecine occidentale. En général si des cellules malignes se sont propagées dans la moelle des os, elles ont beaucoup avancé, et il est beaucoup plus difficile de les traiter efficacement que si elles sont localisées dans le sang.

En physiologie Ayurvédique, on décrit aussi les srotas. Les srotas sont les canaux vitaux du corps par lesquels l’énergie se déplace. Si un canal est obstrué par des déchets ou par tout autre élément, il ne fonctionnera pas efficacement. L’énergie peut s’accumuler aux points de blocage, ou bien le flux d’énergie peut être inhibé dans d’autres zones. Cette conception est probablement familière pour tous ceux qui travaillent sur le corps, les professionnels en massage, acupuncture, acu-pression, yoga ou Rolfing, parmi tant d’autres. Cela est peut être moins clair pour ceux qui ne sont pas familiers du travail sur l’énergie. Les srotas fonctionnent comme des vaisseaux sanguins ou des nerfs pour transmettre l’énergie : ils sont leurs équivalents énergétiques, mais pas des canaux physiques. En médecine tibétaine, on parle du corps d’énergie, ou du champ d’énergie en relation avec les srotas. Les srotas sont les conditions énergétiques dont naissent les conditions physiques.

Un troisième concept fondamental de la physiologies Ayurvédique s’ajoute à ceux de dhatus et srotas : ama. Ama est le déchet qui s’accumule dans le corps, d’abord à cause d’une mauvaise digestion et absorption. Les bi phénols polychlorés, DDT et trichloroacétates de sodium n’existaient pas quand les rishis ont développé l’Ayurvéda, il est probable que leur accumulation dans les tissus corporels peuvent être considérée comme une forme d’ama toxique. Comme la nourriture et les boissons, nous les absorbons dans notre environnement et si nous ne les métabolisons pas efficacement pour les renvoyer à l’extérieur de notre corps (tâche très lourde dans les environnements industriels et urbains en particulier), ils se regroupent dans nos tissus, et restent en attente.

En Ayurvéda, une bonne santé peut être conservée de deux façons : premièrement en soutenant et en reconstituant les tissus vitaux (dhatus) quand ils en ont besoin, grâce à une alimentation et un régime alimentaire adaptés, deuxièmement en nettoyant et en ôtant les obstacles à un fonctionnement harmonieux de notre système. Cela signifie nettoyer ama et les srotas bloqués. Dans la tradition on utilise l’exemple de la lampe à huile pour l’expliquer. La lampe doit contenir une huile adéquate afin de brûler pour éclairer. Elle doit être propre, à l’abri de la poussière, des insectes et du vent pour éclairer brillamment. Il est évident que cette définition de la bonne santé s’applique à la santé de très peu de personnes dans le monde. Environ les trois quarts de la population mondiale ne reçoivent pas une nourriture assez nourrissante, alors que le quart restant croule sous les déchets dus à une consommation et une pollution excessives. Dans les zones urbaines du monde entier des enfants défavorisés, surtout, luttent pour se maintenir en vie. Nombre d’entre eux sont mal nourris et sont moins capables de se défendre contre de hauts niveaux de pollution autour d’eux. Ceci est vrai à New York ou à Brasilia.

Il est dit que l’esprit (Purusha) et la matière (Prakriti) se sont unis pour créer l’intelligence cosmique (Mahat). À partir de mahat, l’ego est créé (ahamkara). Ahamkara pourrait aussi être traduit par l’intelligence innée du corps. Ahamkara se manifeste en tant que cinq éléments (mahabhutas) pour créer les mondes inorganiques et organiques. Ces cinq éléments sont la Terre (prithi), l’Eau (jala), le Feu (tejas), l’Air (vayu) et l’Éther (akasha).

Les cinq éléments s’assemblent en chaque créature d’une façon différente. Ainsi, chaque personne est légèrement différente de toutes les autres par le mélange des éléments et la façon dont ils s’équilibrent. Ces différences doivent être honorées, l’on doit travailler avec elles. Ce qui aide une personne n’aidera pas nécessairement quelqu’un d’autre : chacun est unique. Ce qui est essentiel dans ce système de guérison c’est l’idée que notre santé et notre constitution sont affectées par ce que nous mangeons. En Ayurvéda, la nourriture et les actions sont les clés de la guérison. Si nous mangeons et nous comportons d’une façon qui aide notre constitution et notre environnement, nous – et notre environnement – pourrons rester propre, clair et en bonne santé. Si nous mangeons et nous comportons d’une façon qui fait du mal à notre corps et à la planète, consciemment ou inconsciemment, il est probable que nous en subirons les conséquences. Ceci devient l’évidence même à l’échelle planétaire ou à l’échelle personnelle au moment ou nous entrons dans les années 90. Nous ne sommes pas séparés de notre environnement. Nous en sommes une partie et il se manifeste en nous.

Les sens sont considérés comme les outils primordiaux pour réunir des informations sur le corps et ses besoins en Ayurvéda. Cela peut sembler évident mais ce n’est pas la façon dont la médecine occidentale a été pratiquée en général. Un médecin Ayurvédique prend le pouls de son client, sent son odeur, observe son apparence générale, écoute la qualité de sa voix, et ce que son client dit. Le médecin recommande des aliments et des plantes médicinales en se fondant sur leurs goûts pour équilibrer l’état de santé de son client. Les systèmes de guérison chinois, et d’autres ont des modes de fonctionnement similaires. En médecine occidentale, une analyse de sang sera peut être votre premier pas pour connaître votre état de santé. Le médecin occidental regarde des chiffres abstraits qui sont la clé de son diagnostic. Le bon médecin occidental pourra aussi utiliser ses sens, s’ils sont affûtés. En Ayurvéda, c’est la base de l’apprentissage et du traitement. Les meilleurs Vaidyas sont ceux qui peuvent à la fois sentir et avoir l’intuition des plus subtiles nuances du pouls de leur client. Ils utilisent leurs sens, et pas quelque machine extérieure.
Les plantes médicinales sont énormément utilisées en Ayurvéda en tant que compléments indispensables aux aliments. L’utilisation d’une plante particulière peut profondément altérer l’équilibre de la constitution. Les plantes sont utilisées pour stimuler la digestion et améliorer l’absorption. Elles sont utilisées pour équilibrer un large éventail de troubles de santé.

En plus des aliments, des actes et des plantes, un quatrième élément clé est essentiel en Ayurvéda. Ce sont les pensées et sentiments de la personnes qui recherche la guérison. Une certaine alimentation ou médication sera sans résultat parce si elle est prise à contrecœur par l’individu … et deviendra plus efficace seulement quand il aura le sentiment qu’en les prenant il (ou elle) pourra entretenir sa santé normale ou sera libéré du mal dont il souffre”. (Citation de Charaka par Susruta). De notre point de vue, cela signifie qu’un plat doit avoir bon goût pour vous, sinon vous n’allez par avoir envie de le finir, ou même d’en manger une autre fois. Il est utile de savoir pourquoi une nourriture spécifique est recommandée pour votre guérison et votre équilibre. Connaître le pourquoi peut soutenir votre effort. L’Ayurvéda implique activement l’individu. Pour utiliser ce système, vous devrez être ouvert à manger des aliments particuliers, des épices ou des plantes médicinales, et à suivre certains styles de vie et habitudes de base. Cela exige davantage que d’accepter passivement un traitement (souvent des médicaments et des cachets) de style occidental. Tout le monde ne souhaite pas prendre une part aussi active à sa propre guérison.

La nature de l’Ayurvéda est pleine de bon sens. Par exemple, si vous avez des rougeurs brûlantes sur la peau, vous prenez des substances rafraîchissantes en usage interne et externe pour vous guérir. Des rougeurs sèches indiquent plutôt un besoin d’humidité à l’intérieur. En Ayurvéda, ce qui se passe dans le corps affecte l’extérieur du corps. L’Ayurvéda opère de cette façon : on refroidit ce qui a besoin d’être rafraîchi, on réchauffe ce qui a besoin de chaleur, on humidifie, on sèche, selon ce qui est nécessaire. La pratique de l’Ayurvéda concerne le corps de l’individu et sa constitution, et ce qui est nécessaire pour son équilibre. Si vous avez une maladie de cœur, vous recevrez un traitement spécifique à votre corps, et pas un traitement général pour les maladies de cœur.

Un autre aspect attirant de l’Ayurvéda est qu’il offre une structure qui a un sens. En ce moment vous pouvez trouver des dizaines de recommandations pour traiter au mieux chaque trouble. Les gens se trouvent déstabilisés et perdus pour faire un choix. Mes patients me communiquent souvent cette frustration en ce qui concerne la nutrition. “J’ai beaucoup lu au sujet de ce problème” m’a dit l’un d’eux. “Et je sens que la solution se trouve dans la nutrition. Mais comment puis-je savoir quel expert va me donner le conseil adapté à mon cas ?” En comprenant notre constitution fondamentale et notre état, nous pouvons utiliser la nutrition comme une profonde source de guérison. Cette ressource est largement en votre pouvoir : c’est vous qui mangez pour vous-même, et personne d’autre. Cela peut être une véritable prise de conscience de son pouvoir. Ce n’est pas aussi facile que de prendre un cachet ou de décongeler un repas télé. Et pourtant, les effets positifs s’étendent dans des directions qui vont largement au-delà de ce que vous pouvez imaginer.

par Alex Duncan

© copyright 2013-2014 Alex Duncan

AVERTISSEMENT L’objectif de cet article/blog n’est pas de traiter, de diagnostiquer ni de prescrire. Les informations contenues ne doivent en aucun cas remplacer l’avis d’un médecin. Ce matériel étant éducatif vise à entretenir sa propre santé selon l’ayurvéda. L’auteur et l’éditeur déclinent toute responsabilité concernant d’éventuelles plaintes provenant de ce texte.

 

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